40 ans d'expérience interculturelle en AFS Bourgogne Franche-Comté

L'association AFS Bourgogne Franche-Comté avec ses bénévoles, ses familles d'accueil, ses accueillis, ses anciens participants et en présence de la Présidente d'AFS Vivre Sans Frontière, Anne Collignon.


1972-2012 : 40 ans d’expérience interculturelle en Bourgogne Franche-Comté


Deux ans de préparation pour Anne Vocanson, Présidente d’AFS Bourgogne Franche-Comté, et son équipe de bénévoles : Elise Holdrège, chef de projet, Martine Bélorgey, Catherine Cougnot, Pascal Guyennot, Martine et Hubert Lavoquet, Catherine Maurice et Agnès Thomasset, mais aussi toutes les autres familles qui ont participé le jour même.

Pique-nique champêtre, dégustation de vins et visite guidée de Chalon-sur-Saône étaient organisés l’après-midi du samedi 9 juin afin d'accueillir les 150 personnes invitées par l’association. On dénombrait 30 bénévoles, 14 accueillis et leurs familles, 20 anciens participants, 5 salariés et 2 membres du Conseil d’administration ainsi que d’autres familles proches de l’association.

La soirée a suivi, avec pour commencer, le discours de Rachid Ben Sassi, Vice-Président de la Communauté de commune du Grand Chalon, qui avait mis à disposition gratuitement le lieu de l’événement. Une exposition sur AFS elle-même et sur les expériences diverses et variées des familles bourguignonnes et franc-comtoises était ouverte à tous. Durant la soirée, danses traditionnelles de la région et des pays des accueillis, témoignages d’anciens participants, tours de magie, chants et surtout... un dîner préparé par l’ensemble des bénévoles !


Ont aussi participé à l'organisation de l'événement : Béatrice et Michel Carreau Vassel, Bernard et Brigitte Christophe, Corinne Guyonnet, Matt Holdrège, Marc Jaquin, Rémi et Sylvie Lejeune et Françoise Montigny.

Lire l'article du Journal de Saône-et-Loire de juin 2012 avec le témoignage de M. Thivent, l'une des premières familles d'accueil bourguignonnes


Témoignage de Nahily


Nahily a 17 ans et vient du Venezuela. Installée en Bourgogne Franche-Comté, chez Valérie et Fabrice Taïeb, cette jeune fille pleine d'humour a décidé lors de la soirée des 40 ans d'AFS Bourgogne Franche-Comté en juin dernier, de nous conter ses péripéties culturelles depuis son arrivée en France en septembre 2011.

"Je m'appelle Nahily, j'ai 17 ans et je viens du Venezuela". Cette phrase, je l'ai répétée je ne sais pas combien de fois. C'était la seule chose que je savais dire en français au début de cette année alors je la répétais tout le temps.

Avant de venir en France je connaissais déjà quelques clichés français :
* Un Français doit toujours avoir des chewing-gums parce qu'il mange beaucoup, beaucoup, beaucoup de fromage.
* Un Français doit toujours avoir des pancartes et des marqueurs pour écrire "EN GRÈVE" dessus.
* Le Français apprend plusieurs langues, mais il ne connaît pas vraiment ces langues, d'où je sors la conclusion que le français est parfois un gros menteur. Je vous explique : si tu vas sur le profil Facebook d'au moins 80% des jeunes Français, tu trouves qu'ils sont trilingues... alors que généralement, la vérité, c'est qu'ils parlent que le français et en plus, ils font des fautes d'orthographe.
* Le Français, lorsqu'il est fier et têtu, te dira qu'il a tout inventé, tout ! Tu es sûr qu'il va te sortir un truc du genre : Mc Do ? Ouais, ça été créé par des Français ! Le concept existait depuis des années, mais les Américains l'ont piqué.
* Le Français est romantique ! Alors là... PAS DU TOUT ! Chez moi, quand une fille dit "J'ai froid", le garçon comprend tout de suite qu'elle veut dire "Donne-moi un câlin". C'est explicite, comme si elle le criait. Mais en France tu dis "J'ai froid" et le mec te dira "Mais en même temps, tu as vu comme tu es habillée, tu n'as qu'à mettre un pull".

Vous avez aussi des stéréotypes de l'Amérique Latine. Apparemment, tout vient du Mexique. NON, on ne porte pas tous des sombreros, on ne mange pas que du chili con carne, et on va sûrement pas en lama à l'école !

Il y a aussi des choses que quand tu es étudiant d'échange, tu es sûr qu'elles vont t'arriver. Tu deviens une actrice professionnelle !
Au début tu ne comprends rien du tout, donc tu rigoles quand tout le monde rigole, tu es triste quand tout le monde est triste, tu t'assois quand tout le monde s'assoit. Bref, tu mérites presque un Oscar.
Quand tu comprends enfin ce qu'ils te disent, tu ne peux pas répondre, et quand tu peux enfin répondre, ils se moquent de ton accent, que d'ailleurs tu ne remarques même pas. J'étais obligée de répéter dix fois le même truc parce qu'avec mon petit accent ils ne me comprenaient pas.

En deux mois j'étais capable de comprendre un cours sur la Renaissance, la décroissance puis la croissance de la population mondiale, la peste, en passant par le pétrole et les énergies fossiles, suivi de Christophe Colomb et Léonard de Vinci... mais il m'a pris neuf mois pour comprendre le film Les Ch'tis.

Tu t'habitues à des questions débiles du genre "Est-ce qu'il y a des voitures chez toi ?". Ou ma préférée : "Oui le Venezuela ! Il est trop beau ton pays, mais il fait trop chaud pour moi. C'est bien en Afrique du Sud non ?" Et quand tu les regardes, étonnée, ils te disent "Ah non, en Afrique tout court, excuse-moi !"

Bref, quand tu es étudiant d'échange, tu apprends à aimer un autre pays autant que le tien, c'est ceci qui m'est arrivé avec la France. Je l'aime. Pas malgré ces clichés mais à cause de ces clichés. Cette année j'ai survécu les -15°C de l'hiver, les 15 000 fois que je suis tombée au ski, j'ai réussi à avoir presque 13 de moyenne - encore que je ne sais pas comment -, j'ai mangé des escargots et des grenouilles... et j'ai aimé !

Je peux facilement dire que cette année était la meilleure de ma vie ! J'ai connu des gens magnifiques que j'aime tellement et que je veux garder pour toujours.

Maintenant, la France est ma deuxième maison.